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mercredi 25 janvier 2017

L'espérance est-elle possible? Edgar Morin

Bonjour,
Je voudrais republier un article que j'ai écrit en mars 2012 après avoir assisté à une conférence d'Edgar Morin à Madrid. Ce qu'il dit est tellement vrai...

Vers la métamorphose du système (mars 2012)



Oui, je sais, je ne suis qu'une piètre journaliste, il suffit de regarder mes photos... Mais enfin, c'est quand même une preuve que j'y étais à la conférence d'Egar Morin, le lundi 12 mars dernier.
Il a d'abord fallu faire la queue dans la rue car nous étions nombreux à vouloir écouter "le professeur". Surtout des gens de plus de cinquante ans, beaucoup d'entre eux français ou francophiles, un journal ou un livre passionnant à la main, souvent de philosophie, bref, des intellectuels. On s'interpelait gaiement en français ou en espagnol, on s'embrassait chaleureusement en se donnant de fraternelles tapes dans le dos.
A l'intérieur, dame, c'est qu'il y avait M. Federico Mayor Zaragoza, M. Miguel Angel Moratinos, Monsieur l'Ambassadeur, cheveux au vent, et d'autres que je n'ai su reconnaître.
Edgar Morin est arrivé, écharpe orange au cou, chapeau beige à la main (on peut voir le chapeau au premier plan sur la table sur ma photo!!) et un grand sourire aux lèvres. Charmant, disant des "vérités vraies" et dans un français merveilleux et précis, citant avec une aisance admirable Heidegger, Kant (" Que puis-je savoir, croire, espérer?") la Bible, et tout un tas d'autres références.
Son exposition a abordé plusieurs thèmes qui sont développés dans l'ouvrage  Le chemin de l'espérance, publié en collaboration avec Stéphane Hessel en 2011. C'est un ouvrage court (60 pages) et très clair qui propose des chemins à explorer pour sortir du "somnambulisme" dont nous souffrons.

Lors de la conférence, Edgar Morin a évoqué le concept de la pensée complexe ("ce qui est tissé ensemble") et a proposé, comme exemple,  une définition de l'être humain englobant trois aspects ("une trinité"): l'individu, l'individu au sein de la société et l'individu au sein de l'espèce biologique. L'homme ne peut  être défini uniquement comme homo sapiens mais aussi comme homo demens, homo ludens, homo faber etc..., l'homme ne peut être compris sans son aspect émotionnel.
Le concept de la pensée complexe nous mène à nous rendre compte des limites de notre système d'éducation qui ne relie pas les connaissances entre elles et qui cloisonne les savoirs. De nos jours, la figure de "l'expert" est très à la mode mais l'expert est incapable d'appréhender une situation complexe.

Ensuite, Edgar Morin est passé à une analyse de notre société et a introduit la notion de "somnambulisme" pour évoquer l'état dans lequel nous nous trouvons, "d'une vie au jour le jour". Nous agissons perdus dans le brouillard, victimes de la consommation à outrance ("des intoxications consuméristes"), de la publicité, de la mode etc..., nous sommes manipulés.
Il a aussi évoqué la mondialisation qui permet une interconnexion, le développement mais aussi l'occidentalisation du monde. Un effet positif de la mondialisation est le fait de produire une "communauté de destin" des autres humains: nous vivons tous la même chose en même temps et donc, nous pouvons évoluer et changer en même temps (sans parler de l'aide que nous apporte le développement de la communication tout en sachant que "l'information n'est pas la connaissance").

Puis, sa réflexion a développé à la notion de "métamorphose du système". Le système va changer, tôt ou tard, mais pour l'instant, le nouveau système n'existe pas. A propos des mouvements des Indignés, Edgar Morin dit très justement qu' "il ne suffit pas de dénoncer, il faut énoncer une autre voie." La métamorphose dépend de trois facteurs: l'improbable, qu'il ne faut pas négliger; les capacités créatrices des être humains; la désespérance: il faut en effet toucher le fond pour que les choses changent et c'est ce qui m'inquiète, car je crois que l'on n'a pas encore touché le fond et je crains la violence et la souffrance que cela pourrait engendrer, d'autant plus que ce sont nos enfants et petits-enfants qui devront élaborer le nouveau système.

Dans l'ouvrage Le chemin de l'espérance, Stéphane Hessel et Edgar Morin proposent des mesures concrètes: 
- instaurer une politique du "bien-vivre" (p.25), je cite: "l'hégémonie du quantitatif sur le qualitatif doit être renversée (...). Elle doit viser l'épanouissement des autonomies, tout en les insérant dans des communautés. Elle ressusciterait les solidarités, ferait reculer l'égoïsme. Elle se préoccuperait non seulement du survivre (...) mais aussi du vivre qui se confond avec l'épanouissement dans la relation avec autrui et avec le monde, et où les émotions et les émerveillements esthétiques doivent être considérés non comme des luxes réservés à l'élite, mais comme des droits dévolus à chacun." Moi, ça me fait rêver, je dirais même plus, ça m'émeut...
- une revitalisation de la solidarité
- une politique de la jeunesse
- "la remoralisation d'une société que dégradent le développement de l'irresponsabilité et l'amplification de la corruption" (p.34)
- une réforme des conditions de travail 
- une polyréforme économique (développement de l'économie sociale et solidaire, dév. de l'économie équitable, dév. de l'économie verte, l'Etat investisseur social, réduction de la compétitivité, jugulation de la spéculation financière etc...)
- une politique de consommation (nourriture saine)
- l'éducation: "Il s'agit de fournir à chaque élève les moyens d'affronter les problèmes fondamentaux et globaux qui sont ceux de chaque individu, de chaque société, de l'humanité entière"p. 46, réforme de la pensée)
- une culture esthétique.
Après avoir lu cet ouvrage qui s'inscrit dans le contexte des prochaines élections présidentielles en France, on se sent animé d'une certaine espérance, il est vrai, mais il est vrai également que le chemin de l'espérance nous paraît bien long et qu'il nous faudra de la patience...

J'ai énormément apprécié cette conférence et j'ai été très émue de voir Edgar Morin "en vrai" et de l'entendre parler avec cet art qu'il possède de la formule juste, du mot percutant. Morin nous ouvre une voie, trouverons-nous la force d'avancer?


Cliquer ici pour lire un autre post sur Edgar Morin.



mercredi 18 décembre 2013

Entretien avec Edgar Morin

Je ne m'en lasse pas... Edgar Morin réfléchit sur l'avenir de l'humanité, vaste programme, grand défi et n'est pas très optimiste: le problable, c'est la catastrophe; l'improbable, c'est la métamorphose de la société.
En ce qui nous concerne nous les enseignants,  Edgar Morin affirme qu'une réforme de l'enseignement est nécessaire. C'est ô combien vrai.
Ecoutons-le, agissons ensemble.


Edgar Morin - La voie pour l'avenir de l'humanité por rikiai

mardi 17 janvier 2012

Une page web intéressante de Jacques Nimier pour les enseignants

Je vous recommande vivement la page suivante: http://www.pedagopsy.eu/, écrite par Jacques Nimier (grand "fan" d'Egar Morin) pour tous les enseignants qui désirent améliorer leur pratique professionnelle. L'auteur nous conseille des lectures pédagogiques et nous donne un petit commentaire qui nous fait venir l'eau à la bouche. Voici les lectures qui m'attirent:
les sept principes de la motivation  http://www.pedagopsy.eu/regles_motivation.htm
et les ouvrages suivants:
















Qu'en dites-vous?
Un blog intéressant également: http://www.ecolechangerdecap.net/
Bonne lecture!!

mercredi 31 août 2011

Lettre de José Luis Sampedro à Zapatero




Carta a Don José Luís Rodríguez Zapatero
Presidente del estado Español.
Y al resto de las señorías que portan la representatividad parlamentaria.
Señor presidente, permitáme dirigirme a usted para comentarle mis más profundas inquietudes que, por mi honor y conciencia, me impiden quedarme al margen de los hechos relativos a nuestra Constitución amenazada por una vergonzosa e imborrable mancha.
Habéis realizado un gobierno durante sus dos legislaturas en las que, muchos podemos estar en contra o a favor de su gestión frente del ejecutivo que preside. Habéis cometido aciertos y errores, éstos últimos desgraciadamente más numerosos en su último periplo presidencial. Sus gestiones pueden ser criticadas o avaladas desde todos los frentes que los ciudadanos deseen pronunciarse.
¡Pero que mancha de cieno sobre vuestro nombre -iba a decir sobre vuestro reino- puede imprimir esta abominable reforma constitucional! Por lo pronto usted decide reformarla mediante una llamada telefónica al señor Mariano Rajoy, presidente del principal partido de la oposición, tomando ambos la representatividad parlamentaria como un absolutismo de dos dirigentes, dando bofetada suprema a toda justicia. Y no hay remedio, España conservará esa mancha sobre su carta magna y la historia consignará que semejante crimen social se cometió al amparo de vuestra presidencia.
Puesto que ha obrado tan sin razón, hablaré. Prometo decir toda la verdad y la diré si antes no lo hace el tribunal con toda claridad.
Es mi deber: no quiero ser cómplice. Todas las noches me desvelaría el espectro de la ciudadanía que expía a lo lejos cruelmente ultrajada, una reforma que no ha decidido.
Por eso me dirijo a vos gritando la verdad con toda la fuerza de mi rebelión de hombre honrado. Estoy convencido de que la ciudadanía no ignora lo que ocurre, entonces ¿a quién denunciar este afrenta malhechora de verdaderos culpables sino al primer soberano de la carta magna, al Pueblo?
Ante todo la verdad acerca de nuestra carta magna y su proceso de reformarla.
Nuestra Constitución, nacida en 1978, promulga en sus artículo primero del título preliminar
“España se constituye en un Estado social y democrático de Derecho, que propugna como valores superiores de su ordenamiento jurídico la libertad, la justicia, la igualdad y el pluralismo político”.
Agentes externos a nuestro ámbito constitucional, la señora Merkel y el señor Sarkozy han dictado los cambios que usted promulga, auspiciados aún si cabe por entidades externas y opacas a la ciudadanía, no sólo de nuestro estado, sino del resto de los ciudadanos miembros de la Unión Europea.
Señor presidente del gobierno y señor presidente del principal partido de la oposición:
No recuerdo que en ninguna de las legislaturas, en las que ustedes han sido elegidos como representantes de los ciudadanos (ni anteriormente tampoco), hubiese en algún proceso electoral papeletas para proceder a legitimar a estas personas (la señora Merkel y el señor Sarkozy) sobre nuestro ordenamiento legal, jurídico y constitucional.
Igualmente me consta, en ninguno de sus respectivos programas electorales, ninguna intención de reformar la constitución.
Ante este hecho y sus intenciones, ustedes han puesto la forma política dictada por la Constitución (representación parlamentaria) muy por encima de la soberanía establecida en la carta magna (el pueblo) documento que regula las normas y convivencia en nuestra nación.
Al ejercer su disciplina partidista, sr. Zapatero y sr. Rajoy, en la que los señores y señoras parlamentarias únicamente promulgan el deseo de sus líderes (en el presente caso ustedes), vuestras señorías son responsables y ejecutores del crimen que les expongo.
De forma sorpresiva, en periodo estival, con un parlamento en funciones, donde las señorías preparan las maletas fuera del hemiciclo ante la próxima cita electoral, ustedes pretenden modificar la Constitución sin consultar a sus soberanos.
Ustedes sobrepasan con sus intenciones el artículo primero del título preliminar de nuestra constitución. Su reforma no es para un “Estado social” y sus formas no son, ni mucho menos, “democráticas de Derecho”.
Tal es la verdad, señores parlamentarios, verdad tan espantosa, que no dudo quede como una mancha en vuestra representatividad. Supongo que no tengáis ningún poder en este asunto, que seáis prisioneros de los mercados y de los poderes que os rodean; pero tenéis un deber de ciudadano en el cual meditaréis cumpliéndolo, aunque dudo que honorablemente. No creáis que desespero del triunfo; lo repito con una certeza que no permite la menor vacilación; la verdad avanza y nadie podrá contenerla.
Hasta hoy no perpetrabais el proceso, pues hasta hoy no han quedado deslindadas las posiciones de cada uno; a un lado los culpables, que no quieren la luz; al otro los justicieros que darán la vida porque la luz se haga. Cuanto más duramente se oprime la verdad, más fuerza toma, y la explosión será terrible. Veremos como se prepara el más ruidoso de los desastres.
Señor Presidente, concluyamos, que ya es tiempo.
Yo acuso al Banco Mundial, FMI, OCDE y demás organizaciones supranacionales y externas al gobierno europeo de ser los organizadores de este crimen. Ninguna de ellas elegidas en representatividad por el Pueblo de un estado, el nuestro, sobre el que quieren reformar la Constitución.
Acuso a la UE y al BCE de ser garantes dentro del territorio europeo este complot.
Acuso a Standard & Poor’s y a Moody’s como cómplices y beneficiarios de este acto.
Acuso al conjunto de la banca europea y nacional como lobby cómplice y beneficiarlo de esta infamia.
Acuso a la señora Merkel y al señor Sharkozy por inducir a perpetrar este vil atentado a nuestra soberanía.
Acuso a aquellas empresas, que junto a la banca, presionan a sus señorías para dejar de ejercer la representatividad de sus soberanos, ejerciéndola sobre sus intereses económicos.
Acuso a aquellos políticos cuyo máximo interés es mantenerse en el cargo que ejercen a cualquier precio, tan indignantes como el del crimen que nos ocupa.
Y por último: les acuso a ustedes por proponer esta modificación de espaldas a la ciudadanía. Ciudadanía que avala, es garante y soberana tanto del estado Español como de su carta magna. Ustedes que, mediante una simple llamada telefónica, ultrajan la inviolabilidad de una Constitución, inviolabilidad que defendieron cuando no se han atrevido a mantener su vigencia, adecuándola a las realidades sociales. Ustedes que juraron o prometieron sobre ella.
Se atreven a modificar el máximo documento del Estado en aras del “Mercado”. Mercado al que pretenden calmar mientras las voces del pueblo son ignoradas o silenciadas.
Puede que éste crimen ejerzan el efecto que ustedes esperan, pero no ignoren las victimas consecuentes. Habrán convertido la Constitución en un simple panfleto al que poner a cotizar en los mercados de valores, habrán convertido el espíritu de la transición española no en un garante de paz y democracia social como fue en su día, sino en un mero informe de resultados macro-económicos. Y habrán convertido a la ciudadanía española en un pueblo sin su máximo referente de legalidad moral y convivencia al subvertir los valores representados en ella por cifras monetarias inducidas fuera del espíritu en el que se redactó.
Distinguidas señorías, en nuestro Estado, no sólo hay que ser demócrata, también hay que parecerlo y sus formas distan mucho de ello. Desde hace mucho tiempo no resuelven entre ustedes la composición del Tribunal Constitucional y resulta que si resuelven en minutos modificar el texto sobre el que basar sus juicios. Lo dicho señorías, también hay que parecerlo.
Sólo la ciudadanía tiene el derecho, tiene el deber, de mantener vigente este documento, ustedes han de darles los medios. Ustedes, la clase política, que no sólo por activa ahora perpetran este crimen que nos ocupa, sino que por pasiva en las últimas décadas no han dado un paso para mantener su vigencia, y mucho menos aún, consultar al Pueblo al respecto.
No ignoro que, al formular estas acusaciones, arrojo sobre mí el peso y decisión del máximo soberano del estado del cual ustedes se supone que representan. Y voluntariamente me pongo a disposición del Pueblo.
En cuanto a las personas a quienes acuso, debo decir que ni las conozco ni las he visto nunca, ni siento particularmente por ellas rencor ni odio. Las considero como entidades, como espíritus de maleficencia social. Y el acto que realizo aquí, no es más que un medio revolucionario de activar la explosión de la verdad y de la justicia.
Sólo un sentimiento me mueve, sólo deseo que la luz se haga, y lo imploro en nombre de la ciudadanía, que ha sufrido tanto y que tiene derecho a ser feliz. Mi ardiente protesta no es más que un grito de mi alma. Que se atrevan a llevarme a los ciudadanos y que me juzguen públicamente.
Así lo espero.

                                                           Agosto de 2011

dimanche 13 mars 2011

La Métamorphose

Vous avez remarqué: mes posts sont une défense de la Terre, une critique de notre société occidentale, de notre système éducatif, de la crise que nous vivons. La crise est économique mais elle est aussi intellectuelle: il s'agit de trouver de nouvelles idées, de s'indigner, de s'engager et de passer à l'action.
Je viens de découvrir Sir Ken Robinson, de fil en aiguille, je suis tombée sur Edgar Morin, philosophe que j'avais déjà remarqué auparavant et qui me paraît incontournable aujourd'hui et puis j'ai trouvé une interview très récente de Stéphane Hessel et d'Egar Morin sur France Culture, une interview non terminée et dont on aimerait bien connaître la fin.

Ces intellectuels nous marquent la "voie", titre du dernier ouvrage d'Egar Morin, et nous proposent une "métamorphose" de la société, une grande réforme. Nous devons écouter ces "anciens" qui nous montrent le chemin.
Voici tout d'abord un extrait passionnant de la pensée d'Egar Morin qui nous parle de son dernier ouvrage La voie puis l'interview de Stéphane Hessel et d'Egar Morin.



La Voie d' Edgar Morin par Mediapart

France-Culture:


Les matins - Stéphane Hessel et Edgar Morin par franceculture